Le climat équatorial : un frein au développement du Gabon ?

Au Gabon, l’entretien des voiries est un problème d’actualité chaque année. Cette recurrence du problème pourrait s’expliquer par le climat équatorial de ce pays d’Afrique centrale.

Image 1. Source : Loic Ntoutoume, Gabonreview.com, « Le Gabon intègre la Fédération Internationale Automobile », publié le 14 décembre 2012. Consulté le 05/09/2019.

Un climat alternant entre humidité et chaleur

Cette récurrence du problème des voiries, hormis le détournement des fonds publics, est pour nous surtout due à la dégradation continue des voiries par un climat alternant entre humidité et chaleur ; les nids de poule et les flaques d’eau se comptent en million à travers le pays. Et les pluies en sont la principale cause.

Selon le site internet Routard.com, la saison des pluies [au Gabon] se caractérise par des averses torrentielles (aux précipitations semblables à un orage en France) dont la durée varie de 30 minutes à une heure, suivies d’éclaircies ». Il s’agit d’un processus récurent pendant la grande saison de pluie (de février à mai-juin). En effet, selon un article de VOA Afrique, « avec la pluie qui tombe 8 mois sur 12 dans cette région [au nord de Libreville], la Route nationale 1 est le plus souvent un véritable bourbier ». Une information qui est confirmée par le site Weatherspark.com avec ce graphique :

Source : Weather Spark. Capture d’écran, le 09/09/2019. ( Retrouvez le lien dans les notes).

la saison connaissant le plus de précipitation dure 8,1 mois, du 22 septembre au 26, avec une probabilité quotidienne supérieure à 44%. La probabilité de précipitation culmine à 86% le 1 novembre. La saison la plus sèche dure 3,9 mois, du 26 mai au 22 septembre. La probabilité de précipitation la plus basse est 3% le 1 novembre.

Weatherspark.com

La répétition des pluies entraîne la mise à l’arrêt des chantiers, notamment la construction des routes. Elle pousse les Travaux publics à privilégier les saisons sèches dans l’espoir d’avancer de façon significative. Le graphique au-dessus illustre parfaitement la situation climatique du Gabon en ce qui concerne les précipitations. Nous voyons une baisse des probabilités de pluie à partir du mois de juin jusqu’au début du mois de septembre. Est-il possible de mener des travaux de grandes envergures avec aussi peu de temps, sachant que le secteur du BTP (Bâtiment et Travaux publics) est en corrélation étroite avec les conditions climatiques ? Existe-t-il un calendrier de construction au Gabon ?

Des solutions envisageables

Image 2. Source : Gabonreview.com, « Marathon du Gabon : ‘Réquisition’ des routes à Libreville », publié le 30 novembre 2017. Consulté le 08/09/2019.

D’abord, la volonté politique est primordiale. Ensuite, les pouvoirs publics doivent réfléchir sur des techniques de construction des routes devant être étroitement adaptées au climat du pays.

Choisir des partenariats qui s’adaptent mieux à la situation

Ainsi, les partenariats avec des pays n’ayant pas les mêmes conditions climatiques sont à éviter, sauf si les entreprises de ces pays innovent dans leur méthode de construction. Par exemple, la construction des voiries avec des caniveaux pour permettre l’évacuation des eaux de pluies doit être une priorité. Au Gabon, on récence des routes sans caniveaux, et des caniveaux reliés à aucun réseau d’eau tel que les égouts. Par conséquent, malgré le travail régulier des agents des mairies, ces canalisations se bouchent très rapidement avec l’accumulation de la terre et d’ordures de tout type.

L’évacuation des eaux de pluie est déterminante

Comment régler le problème des routes si on ne réfléchit pas assez au problème de l’évacuation des eaux de pluies ? Pourquoi certaines voies bitumées tiennent-elles mieux le coup que d’autres ? Par exemple, les routes du bord de mer (image 2), supportent mieux car l’eau de pluie est directement déversée via des bassins versants dans la mer à proximité. En revanche dans l’intérieur du pays et de la capitale, à la place de la mer ce sont les rivières et les ruisseaux qui récupèrent l’eau de pluie, créant des inondations non seulement dans les quartiers (avec des sinistres graves) mais aussi sur les voies. La zone industrielle d’Oloumi (au sud-ouest de Libreville) en est le parfait exemple (Image 3).

Image 3. Source : Gabonactu.com, « Libreville inondée après une pluie nocturne », publié le 16 avril 2018. Consulté le 05/09/2019.

La chaleur et l’humidité favorisent l’altération des roches

Un système d’égouts pourrait s’avérer complexe pour un tel pays du fait de la qualité du sol qui est très humide. Selon Florence Mazzocchetti, « les sols gabonais sont essentiellement ferrallitiques avec des réserves minérales pauvres. La chaleur et l’humidité favorisent en effet l’altération des roches ». Le Dictionnaire Larousse définit l’altération comme étant la « modification chimique superficielle des roches provoquée essentiellement par l’eau, plus ou moins chargée de gaz carbonique et dont l’activité est liée à la nature des roches et au milieu climatique ».

La solution dans les bassins versants ?

Ainsi, les bassins versants sont la priorité. Un bassin versant est un « territoire qui draine l’ensemble de ses eaux vers un exutoire commun, cours d’eau ou mer ». Et le Gabon est réputé pour ses nombreux cours d’eau. En effet, selon le Cahier d’Histoire-Géographie et Éducation à la Citoyenneté (CAHIGEC), « le Gabon est arrosé par un abondant réseau de cours d’eau qui couvre la quasi-totalité du territoire national. Il est composé d’un grand bassin versant, celui de l’Ogooué, qui domine ceux, plus modestes des fleuves côtiers Nyanga et Komo».

Les pouvoirs publics doivent alors réfléchir à la construction d’un réseau ou de plusieurs réseaux de bassins versants dans les villes du Gabon. Résoudre le problème de l’évacuation de l’eau de pluie au Gabon permettra assurément de résoudre le problème des routes, des inondations, et bien d’autres problèmes existants.

Une meilleure urbanisation du Gabon doit se faire en tenant compte des grands cours d’eau tels que l’Ogooué et la Nyanga. Plusieurs villes à travers le monde ont été construites par rapport aux fleuves. Il doit être créé un véritable rapport, spécifique au Gabon, entre les provinces et les fleuves.


Webographie :

4 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s